
-M- était de passage
au Bato Ivre (Tours) le 20 octobre 1998. M, alias Mathieu Chedid, ancien collaborateur
de Billy Ze Kick et guitariste de Sinclair. Avec lui, on y est allé
crescendo : l'album, bof, merde, un peu déçu ; on va le voir
à la balance, et là on commence à se dire (parce qu'on
est des jeun's tendance) "c'est de la bombe atomique !". Alors,
au concert, M se révèle être une bête de scène
et dynamite complètement son album en nous servant une prestation explosive.
Rencontre :
L'Oreille : après
tes multiples collaborations comment as-tu franchi le pas de ta propre création
?
M : J'ai pris ça comme une école de jouer avec les autres, que
ce soit sur scène ou en studio, et je me suis investi dans leurs univers,
alors, forcément tu t'enrichis. Que les expériences soient négatives
ou positives, elles t'apportent des choses. Et puis y a forcément un
moment où tu as envie d'enlever les limites et d'être totalement
libre. J'ai commencé à la campagne, chez moi, par faire des
morceaux pour déconner ; après j'ai fait quelques concerts qui
ont intéressé des gens. Au départ c'est juste un plaisir
personnel, c'est la passion aussi qui devient un métier, avec la foi.
Beaucoup de genres se croisent sur ton disque, pourquoi ?
M : Parce que la liberté est absolue ! Ma règle c'est de ne
pas me poser de questions et de ne pas trop regarder, sinon je fais rien.
Y a pas de prise de tête genre pourquoi, comment, il y a beaucoup d'écriture
automatique, des textes viennent souvent d'un coup, c'est très instinctif.
T u écris tes textes seul, composes-tu seul aussi ?
M : oui, la scène est un travail de groupe, mais pour le disque c'est
de la bidouille. Je compose, j'écris, j'arrange les choses en prenant
la basse, la batterie, et c'est pas par prétention que je joue de tous
les instruments, c'est pour construire un univers, parfois par défaut
justement. D'ailleurs je bosse avec Pierre Boscheron qui fait des prises de
son et des pièces de théâtre sonore, c'est lui qui m'a
apporté ce côté cinématographique de mes chansons.
Comment se passe la tournée ?
M : là, je suis en fin de tournée et sur scène, je touche
du bois, ça c'est toujours bien passé. J'mens pas, c'est un
réel plaisir ; c'est un peu ma récompense la scène. Et
complètement différentes comme à Bercy devant dix-sept
mille personnes [en première partie de Texas] ou dans des tout petits
clubs. Ca te fait relativiser les choses, et ça m'a permis de prendre
mes repères.
Et le futur est ailleurs ?
M : je retourne au studio faire un nouvel album. Et puis je vais bosser avec
d'autres gens comme Faudel que j'ai rencontré il y a longtemps et avec
qui j'ai déjà fait quelques morceaux. Et puis Néry aussi.
Propos recueilli par matthieu et Fouad