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Le phénomè

Autour de trois prestations à Bercy, rencontre avec ........., alias Matthieu Chédid, qui, depuis 1997, truste ventes et concerts: un des succès les plus spectaculaires de ces dix dernières années

....... , en concert au Palais omnisports de Bercy, 8, bd de Bercy, Paris XIIe, les 26 (20 h, première partie : Amadou et Mariam), 27 (20 h, première partie : Feist) et 28 novembre (18 h, première partie : Seu George).

Partout, la même liesse. Chaleureux engouement du public, qui a l'impression de vivre un moment exceptionnel, contre investissement total d'un artiste conscient du fait qu'une telle complétude ne pourra pas durer éternellement ­ sans savoir encore qui, de lui ou nous, décrochera en premier.

En attendant, ........goûte l'instant présent à sa juste démesure (lire encadré). Sorti en novembre 2003, son troisième album studio, Qui de nous deux, a franchi la barre des 400 000 unités vendues, confirmant ainsi le processus d'accroissement depuis le Baptême, qui permettait à Matthieu Chédid de sortir de sa chrysalide, en 1997. A l'époque,......, son double artistique, n'est encore qu'une aimable incongruité : voix haut perchée, univers rétro-kitsch parodique, accoutrement suicidaire (redingote, coiffure de justicier de comics en solde). On lui conseille d'arrêter les frais. Il persiste. Et signe un des succès les plus notoirement spectaculaires de ces dix dernières années. Car, en plus d'être un performer désormais reconnu, ..........a du savoir-faire et un véritable amour de la musique qui l'incite à partager, autant qu'il reçoit.

Fils de Louis (chanteur), petit-fils d'Andrée (romancière), frère d'Emilie (réalisatrice), Matthieu Chédid, 33 ans le 21 décembre, est aussi quelqu'un qui, ayant grandi au sein de la grande famille de la chanson française, s'est construit sur la loyauté, entraînant autant que possible dans son sillage des potes moins bien lotis (Mathieu Boogaerts, Franck Monnet, Thierry Stremler, Albin de la Simone), comme apportant sa griffe à diverses pointures (Vanessa Paradis, Brigitte Fontaine).

En quelques années, ........est également devenu le pivot d'une nouvelle génération d'instrumentistes virtuoses, qui forment sa garde rapprochée quand eux-mêmes n'essaiment pas à droite à gauche. Unité d'élite rompue au corps à corps, ce sont donc Cyril Atef, DJ Shalom, Vincent Segal et Sébastien Martel qui entourent sur scène le fougueux .........., héros badin d'une jeune génération connaissant sur le bout des lèvres la Bonne Etoile, Je dis aime, Onde sensuelle, Machistador ou Qui de nous deux, entre autres tubes égrenés deux heures et demie durant, dans un show maous qui sait rester en contact avec le parterre ­ en invitant par exemple chaque soir un (e) inconnu (e) à jouer sur scène.

Rencontre rennaise, trois heures avant une énième descente dans l'arène.

Il y a cinq ans, vous formuliez la crainte d'être un jour enfermé dans un personnage dont on ne percevrait plus que le «côté léger et amusant». Qu'en est-il aujourd'hui ?

............Je me suis anesthésié. Finalement, je n'ai pas à savoir si mes chansons sont légères pour l'un et fortes pour l'autre. Si quelqu'un vient me dire que ce que je fais ne le touche pas, je le comprends et l'accepte très bien. D'autant que moi-même, certains jours, je suis capable de ne pas m'apprécier : voix exaspérante, légèreté... A partir de là, je n'ai plus d'appréhension particulière. .......... est une trouvaille, une création dont je suis fier, car elle me correspond, avec une vraie cohérence, alors que c'était loin d'être gagné d'avance... Mais il y aura bien un moment où je n'aurai plus l'envie, le plaisir de me coiffer, de m'habiller, et le personnage s'arrêtera. Alors, c'est vrai que j'ai cette inquiétude, comme on aurait celle de perdre son enfance.


 


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