M - Qui de nous deux
[ Delabel ] L'avis Rock'n France : Excellent
M fait partie de cette
race de musiciens qui comprend entre autre : Thierry Stremler, Albin de la
Simone, Mathieu Boogaerts, Bumcello, ces artistes de la nouvelle chanson française
qui font de la musique essentiellement pour s'amuser et accessoirement pour
gagner leur vie.
En chef de file de ce mouvement trublionaire, le fameux Chedid s'est inventé
un avatar fantasque, une incarnation super vitaminée de lui-même,
le désormais célèbre Monsieur M ! En BD il y a eu Clarck
Kent et Superman, en littérature il y a eu Romain Gary et Emile Ajar,
à partir de 1997 il y eu Mathieu Chedid et M.
C'est certainement en étant élevé au Ziggy Stardust,
en étant le fil naturel de la pop des années 70, du funk à
billy et du rock à guitare qu'il comprit l'avantage de cette double
personnalité : création, anticipation et possibilité
de se lâcher sur toutes les cordes de la guitare, tout cela sans avoir
à rougir d'une parenté réelle avec un père, une
mère, une grand-mère bref une famille d'artiste. C'est donc
par une " Fleur " qu'il entreprit sa naissance dans le monde musical
et par un album éponyme à son nom. Cette fameuse lettre qui
veut dire tellement, qui allait grandir, s'ouvrir et permettre à un
artiste d'éclore à la nature même d'une grande carrière.
" Le baptême
" et une série de concerts bien électrifiés, le
bouche à oreille qui buzzait sur son côté " Machistador
" allait balayer la France entière entre les pour et les contre
M. Finalement il fallut attendre son second opus pour se rallier entièrement
derrière son côté cinglé-tendre et super créatif.
Lui qui dit s'être mis à chanter par accident, se considérant
comme musicien à la base, dut bien se faire à l'idée
que son " Je dis Aime ", album plus rock, plus groove, plus construit
fit le consensus et permis au personnage de prendre une autre stature. Cette
exhorte d'amour fut prise en obligation sur toutes les dates qui suivirent
la sortie de l'album, car comment ne pas tomber en admiration sur un "
Monde Virtuel " et les planètes artificielles de M ? Impossible
de se détacher des rythmes endiablés, du petit paquet de titres
excellents qui fleurissent sur cet opus : " Le Festival des Connes ",
" L'onde Sensuelle " partagent l'affiche avec des titres plus tendres
comme " Le Mec Hamac ", " Bonobbo " ou " Mama Sam
". Sans complexe de Corn Flakes il patauge dans la mare aux canards anglo-saxons
(une reprise de " Close to Me ") et se permet des petites variations
humoristiques.
Commencée doucettement, la tournée du faire des aller-retours
dans presque toutes les villes car la foule demandait à ce jeune homme
entraînant de revenir donner du spectacle à nos vies mornes et
tristes. Qui n'a pas vu M sur scène ne peut aimer M. Ses disques seront
toujours moins biens que sa présence physique devant 1000 à
2000 personnes Il transbahute son univers, sa scène est personnelle,
il fourmille de mille détails aussi bien dans son décor que
dans sa musique et ses trois musiciens: Cyril Atef batteur disjoncté,
Vincent Ségal violoncelliste et bassiste intenable et Dj Shalom aux
platines sont à l'unisson du grand monsieur qu'est devenu M
" Le Tour de M " disque live, retranscrit on ne peut plus justement, cette montée en puissance sur 2 CD. Le Carnet de Route de ce nostalgique du cool prendra ses aises dans les loges de salle de spectacle pendant toute l'année 2000. Le " Prélude " inonde l'assistance de rythmes barbouillés et c'est ensuite, pendant 2 heures, des surprises à toutes les sauces qui cadencent sa prestation. M veut faire du bruit mais aussi donner de l'amour à un public de plus en plus nombreux. Ce qui lui plait c'est de mettre de l'énergie dans les mots : " J'ai vu les Rolling Stones à l'Olympia et je me suis rendu compte de la qualité d'interprétation de Mick Jagger. Parfois, il scandait le même mot pendant toute la chanson en le réinventant à chaque fois. Prendre conscience de cette démarche pop, c'est se dire que les mots n'ont peut- être pas tant d'importance, que c'est l'énergie qu'on y met qui est capitale. On ne fait pas de la littérature, on donne une énergie ".Mathieu Chedid est un artiste de stade. Dans le Parc des Princes il mettrait Johnny au placard en tant que balayeur et prendrait les reines du PSG pour faire bouger leurs petites gambettes dans tous les sens. Elastique -Emouvant - Pugélistique, ce chanteur livre un combat avec lui même. Laissant son " double bénéfique " larsener, gratter, faire des ondes sensuelles dans nos cœurs aiMants. Ne complexant pas, sur rien et personne, cinglé de Hendrix, il reprend " Au suivant " de Brel, fait différentes versions dans le même concert de " Je dis Aime " et s'offre le luxe de vendre 350000 albums lives ce qui est une vraie performance pour ce genre de disque et prouve au combien que la scène a vu naître et gonfler le aiMateurs de M